Neurosciences et éducation : que faut-il savoir ?

Face à la dégradation continue du niveau dans les écoles, beaucoup pensent que le salut viendra des neurosciences et que celles-ci devraient prendre une part plus importante dans l’enseignement.

Pourquoi se servir des neurosciences dans l’éducation ?

L’un des intérêts majeurs des neurosciences est d’uniformiser et rationaliser les méthodes d’enseignement. Plutôt que de laisser chacun faire les choses à sa manière, les neurosciences fournissent des méthodes de référence utilisables par tous, tout en laissant une marge d’innovation. Elles donnent un caractère scientifique à l’enseignement.

Les neurosciences permettent de connaître les mécanismes d’apprentissage et de mémorisation. Elles guident les enseignants sur l’organisation des séances pédagogiques et les méthodes qui peuvent produire les meilleurs résultats.

Toutefois, il n’est pas toujours facile de faire appel aux neurosciences pour améliorer les méthodes d’apprentissage car il faut s’assurer que les méthodes fonctionnent et produisent de bons résultats. En pratique, conduire des expérimentations sur des élèves n’est pas une chose facile.

À quoi servent les neurosciences ?

De nombreuses méthodes de la neuroscience sont utilisées dans divers domaines. Parmi ces méthodes, on retrouve :

  • La méthode de Singapour : la méthode Singapour a acquis une certaine notoriété dès lors qu’on a appris que les élèves de ce pays se classaient toujours parmi les premiers au niveau mondial en mathématiques. L’idée de cette méthode est de partir de ce qui est connu et familier de l’élève pour aller vers l’abstraction. Elle comprend trois étapes, à savoir la modélisation, l’approche concrète-imagée-abstraite et la verbalisation. Une situation difficile est d’abord schématisée à l’aide d’images et de représentations concrètes. Puis, l’élève fait un rapprochement avec une situation concrète de la vie quotidienne. Il en fait ensuite une représentation schématique avant de finir par une représentation abstraite. Il est guidé par son enseignant qui l’aide à trouver la solution.
  • La méthode de lecture syllabique : dans le monde de la pédagogie, deux méthodes d’apprentissage de la lecture s’affrontent, à savoir la méthode globale et la méthode syllabique. La première a souvent été décriée notamment par des neuroscientifiques de renom, comme Stanislas Dehaene. La méthode syllabique s’appuie sur l’apprentissage de l’alphabet puis l’association des lettres pour donner des syllabes puis leur association pour donner des mots. L’apprentissage global se passe de l’apprentissage des syllabes et des mots.
  • Exploiter la période entre 0 et 5 ans : comme l’a souligné tant de fois le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer, cette période est caractérisée par une forte plasticité du cerveau (le cerveau est capable de se modifier aisément et donc d’apprendre vite) qui baisse graduellement par la suite. Certains ont donc préconisé l’enseignement de toutes les opérations mathématiques élémentaires dès le CE1.

Les autres services :